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samedi 16 avril 2011

Samia Orosemane, comédienne voilée, « normale »

Samia Orosemane m’accueille avec une attèle au genou. Elle s’est déplacé la rotule sur scène. ? Comme Molière je finirai ma vie sur scène ?, s’amuse à dire cette jeune femme de 29 ans. Petit accident lors de son dernier spectacle, qui l’a assignée à résidence pendant une semaine. Samia a grandi à Clichy-sous-Bois. Le théatre est venu à elle à 12 ans, par l’intermédiaire de sa prof de fran?ais qui avait proposé des cours de théatre les mercredis après-midi. Pas beaucoup d’activités au collège, elle décide donc de s’y inscrire.
Premier exercice : l’improvisation, au cours duquel elle arrive à verser des larmes. ? Je me suis rendu compte que j’arrivais exprimer les émotions, c’est ce qui m’a donné envie de continuer dans le théatre ?, explique-t-elle. Elle choisit un lycée de Drancy (plus de deux heures de trajets aller-retour quotidiens) pour son option théatre au bac. Elle suit des cours privés à Livry-Gargan, y rencontre celui qui deviendra son futur mari. ? Les cours privés étaient payants mais comme j’étais clychoise, on ne m’a jamais demandé de l’argent ?, raconte-t-elle.
20 ans : elle décide de traverser le périph et de passer les concours pour entrer dans l’un des conservatoires municipaux de Paris. Elle fera partie des quatre ? graines de comédien ?, sur 21 candidats qui postulaient ce jour-là, à être admise. Aujourd’hui encore, elle n’en revient pas : ? J’étais la seule Maghrébine à passer l’audition. ?
Très vite elle se dit qu’elle ne fait pas partie de ? leur monde ?. ? Les élèves comédiens étaient tous des fils à papa, ils n’avaient pas à travailler, appart payé par les parents, 2000 francs d’argent de poche. Moi, je mettais 1h30 en transport pour aller au conservatoire. Je travaillais à l’usine, j’étais toute fière d’être indépendante financièrement de mes parents. C’était deux mondes différents et j’étais fière d’avoir réussi à rentrer dans leur monde. Mon impression, toutefois, était qu’on m’avait prise au conservatoire pour faire du social. ?
A la fin de la première année, malgré son manque d’assiduité, le directeur du conservatoire municipal est séduit par la ? générosité qu’elle dégage sur scène ? et l’encourage à persévérer dans le métier. Mais elle quittera l’école à la fin de la 2e année : ? « Soit tu es plus assidue et tu travailles plus pour le théatre, soit tu travailles pour bouffer », m’ont dit les professeurs. Je n’ai pas compris leur réflexion car j’avais eu de bonnes notes de la part des professionnels du métier qui assistent aux examens de fin d’année. ?
Samia est voilée dans la vie comme sur scène. Elle a décidé de le porter après deux années passées au Conservatoire. Deux années après lesquelles elle quitte la prestigieuse école. ? Porter le voile ne doit pas t’empêcher de continuer à vivre tes passions, affirme-t-elle. Je veux être appréciée pour mes qualités morales et non pour mon para?tre. Contrairement à ce qui ce dit partout, les filles voilées ont une vie. Avec un groupe d’amies voilées, il nous est arrivé de louer des salles pour faire la fête, entre nous. Les filles voilées sont des filles normales, elles sont comme tout le monde. ?
Dans la vie, Samia est nounou. Par choix. ? Les seules personnes avec qui le contact est pur, c’est avec les gamins, je ne supportais plus l’hypocrisie et la fourberie des adultes. Je suis payée pour faire des bisous et des calins, c’est le meilleur boulot au monde. C’est le monde des Bisounours. ?
Elle n’a pas pour autant abandonné le théatre, qui est la grande passion de sa vie. Elle décide donc de monter son propre spectacle, ? Samia et les 40 comiques ?, qu’elle garantit ? sans vulgarité ?. ? Beaucoup d’amis m’avaient raconté que les spectacles qu’ils allaient voir, comme ceux du Comedy Club de Jamel Debbouze, étaient trop vulgaires et qu’ils leur étaient difficile d’y aller en famille. ? Dans son spectacle, ? pas d’insultes, de gros mots, de sexe ?. Il réunit une quinzaine de comique, Booder, Phil Darwin pour les plus connus, et Samia est la chef d’orchestre de cette troupe. Ses sketchs s’inspirent de la vie quotidienne. Et le succès est au rendez-vous.
Un spectacle ? sans vulgarité ?, quèsaco ? ? Il existe différents types d’humour, explique-t-elle. Pour certains publics, les gros mots et les blagues salaces ne font pas rire. Les références culturelles ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Cet humour sans grossièreté, c’est le mien et c’est ce que recherche le public qui vient nous voir. Pour preuve, les salles sont pleines. ?
Son spectacle attire beaucoup de musulmans. ? Mon concept de spectacle peut en effet plaire à ceux de la communauté musulmane qui ne veulent pas entendre parler de sexualité quand ils sortent en soirée. Je voulais créer un lieu de divertissement. Mes spectacles ont lieu les dimanches après-midi, afin que les filles de la communauté puissent venir. A des heures qui se situent en dehors des prières, pour ne pas avoir à choisir entre divertissement et pratique de sa foi. ?
Quand on est comédienne et qu’on porte un foulard musulman, trouve-t-on facilement des salles où se produire ? ? C’est moi qui avance les fonds, dit-elle. Lorsque je vais voir les directeurs de salles de spectacle, la seule chose qu’ils regardent c’est si le spectacle va rapporter de l’argent. Ils ne prêtent pas attention à mon foulard. ?
A une ? soeur ? qui lui fait remarquer que sa fa?on de porter le foulard n’est pas la bonne –Samia porte un col roulé et un voile en turban sur les cheveux –, elle répond que ? l’essentiel ?, à savoir les cheveux, est couvert. De sa peau, elle ne montre que son visage et ses mains. Dans un sketch sur le hidjab, elle raconte avec humour comment le regard des gens sur elle a changé depuis qu’elle porte le foulard. Elle ne s’interdit rien : ? J’ai même joué dans un cabaret féminin plein de lesbiennes, car ma religion est synonyme de tolérance. ?
? Je n’en vis pas de la scène, mais je ne cours pas après l’argent. ? Elle insiste toujours auprès des directeurs de salles pour que le prix des places, à Paris, ne dépasse pas 15 euros. Un ? ancien pote ? l’a un jour arnaquée, il est parti avec la caisse. Elle lui faisait confiance. ? Mais ce n’est pas un drame. ? Samia rit de tout et surtout d’elle, de ses rondeurs de ses origines. Ce qui lui importe c’est la reconnaissance du public et non pas, dit-elle, celle du milieu artistique, qui l’a trop souvent ? dé?u ?. Après Samia est les 40 comiques, elle a très envie de créer un one woman show.
Latifa Zahi
? Samia et le 40 comiques ?, dimanche 7 mars à 16H30, Salle Chanteloup à Aulnay-sous-bois (1 avenue Nonneville). Prix : 8 euros.

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