Le 16 octobre, le Tribunal correctionnel de Bobigny a examiné une plainte pour esclavage domestique. Madame S. est employée de mairie en banlieue parisienne et Monsieur S. chauffeur de taxi de nuit. Il leur est reproché d’avoir gardé à leur domicile pendant près de 10 ans, Rose (prénom modifié) qu’ils auraient soumise à des conditions de travail inhumaines alors qu’elle était arrivée chez eux encore enfant. La plaignante réclame 180 000 euros à titre de dommages et intérêts, le procureur a requis huit mois de prison ferme contre Madame S. et deux mois contre son mari. Le verdict sera rendu le 6 novembre.
Vous avez porté plainte contre M. et Mme S. dans le cadre de la loi de 2003 qui ? punit la traite des êtres humains ?. Pourquoi ?
Je suis arrivée chez monsieur et madame S. lorsque j’avais 11 ans J’en suis partie quand j’en avais 20. Imaginez-vous ce que cela fait, 9 ans de votre enfance, de ma vie d’adolescente puis de femme ? Madame S. me frappait et m’insultait régulièrement. Des coups, des insultes, presque quotidiennement. De mon arrivée en France, je n’ai plus eu d’enfance, ni adolescence.
Justement, comment êtes-vous arrivée en France ?
Madame S. et moi, sommes arrivées en septembre 97. Elle s’est occupée de toutes les démarches, mais je ne sais pas exactement comment et si mes papiers étaient en règle ou non. De toute fa?on, par la suite, je n’ai plus revu mes papiers. Nous étions dans un pavillon qui se trouvait à Bondy dans le 93. J’avais fait l’école primaire quand j’étais au Mali avant la mort de mon père et la langue fran?aise m’avait été enseignée. Mais lorsque je suis arrivée, je ne la parlais déjà plus. Très vite, Mme S. m’a montré ce que je devais faire. Mais c’est rapidement devenu insupportable. Plus j’en faisais, plus elle m’en demandait. Bien s?r, je ne suis jamais allée à l’école pendant ces années. C’est seulement en regardant la télé lorsque j’ai commencé à vouloir m’en sortir que j’ai réappris le fran?ais.
Quelles émissions ?
Je regardais ? Les chiffres et les lettres ? lorsque je le pouvais. Comme ils épelaient des mots et les écrivaient, je pouvais les mémoriser, et puis il y avait également les enfants. M. et Mme S. refusaient de parler le bambara, même s’ils le comprenaient. Ils parlaient fran?ais entre eux et. Alors, j’étais obligée de me débrouiller en fran?ais.
Vous aviez donc le temps de regarder la télévision ?
Cela peut sembler étrange, car je commen?ais mes journées dès 7 heures et je les finissais vers 10 heures. Mais durant la journée, je pouvais rester seule une grande partie du temps. à ces moments-là, j’en profitais pour tenter de regarder la télévision.
Comment aviez-vous fait leur connaissance ?
J’ai rencontré Mme S. à Bamako, au Mali. Elle était alors en vacances chez son cousin, au Mali. Ma demi-s?ur était chez le couple S. eux lorsque nous nous sommes rencontrées. Mme S. m’a proposé de venir en France. Mais je n’avais jamais entendu parler de ce pays et je ne savais même pas comment on faisait pour s’y rendre. Mais pour m’emmener avec elle, elle avait besoin de l’accord de quelqu’un de ma famille. Elle a donc d’abord demandé l’autorisation au cousin de ma mère.
Pourquoi au cousin plut?t qu’à vos parents ?
Je vivais à Bamako chez ce membre de ma famille. Je lui avais été confiée après le décès de mon père. Elle était seule et elle avait également mes deux frères dont elle devait s’occuper. Maman voulait que j’aie une vie plus douce et elle ne pouvait plus assumer seule les besoins de notre famille qui était trop grande. En France, cela peut sembler étrange d’agir ainsi, mais elle avait besoin d’aide et c’est comme cela que j’ai quitté mon village pour vivre à Bamako
Et votre cousin vous a laissée partir avec une inconnue sans aucune contrepartie ?
Elle m’avait dit que je l’aiderais un peu dans sa maison, en me parlant de petites choses, comme d’aller chercher ses enfants a l’école. Elle a dit qu’on pouvait lui faire confiance et qu’elle avait elle-même des enfants. Selon elle, si je venais en France, je pourrais aller à l’école, travailler et profiter d’une vie plus aisée. Elle lui a également affirmé qu’en tant que mère, elle comprenait la responsabilité qu’il y avait à confier son enfant à une autre personne. Mon cousin a alors pris la décision d’accepter de m’envoyer en France sans que ma mère soit au courant. C’est seulement après qu’elle a appris la nouvelle alors qu’il était trop tard. J’étais déjà en France.
Comment Madame S .et son mari agissaient-ils envers vous ?
Devoir en parler est difficile. Cela m’aide et c’est douloureux en même temps. Lorsque j’en parle, tous les souvenirs reviennent. Par exemple, elle pouvait me donner des coups au point de me faire tomber et continuer pendant que j’étais au sol à coups de pied. Des insultes aussi, un jour elle m’a craché dessus en me disant que j’étais une batarde qui ne méritait pas la vie que ma mère m’avait donnée et qu’elle aurait d? avorter. Une autre fois, elle m’a attrapée par la gorge et m’a dit que de toute fa?on, elle pouvait faire de moi ce qu’elle voulait, car personne ne savait en France que j’existais, qu’elle pouvait me tuer et que ma mère ne pourrait pas venir m’aider. J’avais une quinzaine d’années. Avec le temps, ces comportements sont devenus plus fréquents.
Et les autres membres de la famille ?
Monsieur S. ne m’a jamais frappée, mais il assistait aux insultes et aux brimades et se contentait de dire à sa femme de me renvoyer en Afrique. En fait, je ne me faisais jamais frapper en sa présence. Lorsque cela arrivait, c’était toujours t?t le matin ou en soirée alors qu’il était absent, car il travaillait comme taxi de nuit. Quant aux enfants, ils reproduisaient le comportement de la mère. Très rapidement, aux insultes s’ajoutaient les moqueries quotidiennes ou l’on me comparait, ainsi que ma famille, à un animal. Je ne faisais pas partie de leur famille et l’on me le faisait bien comprendre. Mais ma situation a commencé à devenir intenable, car les enfants ont eu de plus en plus un comportement agressif.
Par exemple ?
Un jour son fils a?né m’a attrapé par la gorge. J’ai essayé de me défendre, mais il est très grand et avait déjà 18 ans. Quand il m’a lachée, il m’a dit que de toute fa?on, je n’étais rien sans sa mère et son père.
N’avez-vous jamais voulu partir ?
Je ne connaissais personne et ils étaient mon seul repère dans ce pays. Comme on me demandait d’être discrète et de ne pas parler aux gens pour ne pas risquer d’être expulsée, je restais seule la plupart du temps. Madame S. me disait même que je devais me sentir heureuse d’être chez elle et que je leur devais l’argent du billet d’avion. Selon elle, je serais morte de faim si j’avais d? rester en Afrique. Comment aurais-je pu partir ? Et puis, durant ces années, les gens ont peu semblé être surpris de la situation. Je devais leur donner l’impression que j’allais bien. C’est seulement au moment de l’adolescence que quelques personnes ont posé des questions. C’est pourquoi, à ce moment-là, elle m’a payé des cours de fran?ais au CNED. Mais comme il s’agissait de cours destinés à des adultes, ils n’étaient pas adaptés à mon niveau.
Comment s’est produit le déclic qui vous a amenée à vous enfuir ?
Je ne parlais à personne et marchais toujours seule. Aux environs de 16 ans, le décalage entre ma situation et celles des autres jeunes filles de mon age devenait de plus en plus important. Je les voyais marcher dans la rue, discuter ensemble tandis que ma solitude devenait de plus en plus décalée. Elle me pesait de plus en plus. Une voisine avait une fille dans la même école que celle où je venais chercher des enfants. C’est cette personne qui m’a aidée tout d’abord. Elle m’a amenée à la mission locale de Bondy. De là, on m’a ensuite mise en relation avec l’association Iris puis avec le Comité contre l’esclavage moderne.
(Le téléphone sonne. Elle arrête la conversation puis revient en me demandant de l’excuser, car il s’agissait d’une copine.) Cela veut dire que vous avez des amis maintenant…
Maintenant, dans le cadre de l’association, j’ai rencontré des amies qui me soutiennent et qui sont passées par des situations aussi horribles ou bien pires que la mienne. Cela m’a beaucoup aidée car j’ai longtemps cru que j’étais toute seule. Comprendre que ces comportements se reproduisent chez certaines personnes qui nous volent notre enfance, cela m’a aidée à dépasser cela.
Que comptez- vous faire maintenant et comment pouvez-vous rester en France si vous n’avez pas de papiers ?
Pour l’instant, je prends le temps. J’ai déposé plainte pour ces faits d’esclavage moderne. Dans le cadre de cette loi, on m’a donnée une autorisation de séjours de six mois qui me permet de rester en France pour l’instant. J’essaie d’avancer lentement. Pour le reste, je souhaite réellement voir ma famille. Je n’ai jamais pu parler à ma mère durant toute cette période. Il y a également les études, car j’essaie maintenant de passer le CAP de fleuriste que j’ai commencé. Ce sont les seules choses importantes pour moi pour l’instant avec ce procès bien s?r.
Propos recueillis par Axel Ardes
L’esclavage moderne est un phénomène qui touche, en France, très majoritairement de jeunes femmes sans famille, quelquefois mineures. En France, 60% sont originaires d’Afrique, 23 % d’Asie. 50 % d’entre elles sont victimes de violences physiques. Selon un rapport du Conseil de l’Europe dirigé par John Connor en 2001, plusieurs milliers de femmes en Europe vivent cette situation. Mais, les enfants ou jeunes femmes sont souvent confiés ou ? vendus ? à un membre de leur famille ou de leur communauté d’origine dans l’espoir d’un avenir meilleur.
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dimanche 27 mars 2011
dimanche 20 mars 2011
Une navette spatiale secrète devrait bientôt atterrir… secrètement
On avait parlé de l’X-37B pour la première fois, il y a un peu plus de 2 ans. Aujourd’hui, cette mini-navette (elle est 4 fois plus petite que ses copines de la NASA) se balade au-dessus de nos têtes. Elle a décollée en avril dernier sur le dos d’une bonne grosse fusée Atlas V, et elle devrait se poser entre le 3 et le 6 décembre en Californie.
Sa fonction au sein de l’US Air Force n’est pas très claire. Nous savons qu’elle ne transporte pas d’astronaute puisqu’elle est entièrement automatisée. Certains pensent qu’elle peut servir à espionner les états ennemis, d’autres qu’elle servira à détruire les satellites ennemis. La rédaction de Gizmodo est divisée sur son utilisation.
- Fred pense qu’elle sert à brouiller les messages ennemis avec des chansons de Lady Gaga. “Poker face, Po-Po-Po-Ker Face” (c’est vrai que ?a doit être énervant).
- Rénald croit dur comme fer qu’elle ne sert à rien, que c’est pour laisser croire aux autres puissances que l’US Air Force a un programme militaire de premier ordre.
- Myriam s’en fout, elle ne pense qu’au Père No?l et à son calendrier de l’Avent.
- Et je pense qu’il s’agit en réalité d’une mission commanditée par les frères Bogdanoff pour enquiquiner Michel Blanc.
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dimanche 13 mars 2011
Le Burj Khalifa déguisé en sapin de Noël
Des feux d’artifice disposés sur toute la hauteur du gratte-ciel ont illuminé le ciel de Dubai pour former ce qui était probablement le plus grand sapin de No?l au monde.
Partout dans le monde, le passage à la nouvelle année a été l’occasion de tirer des feux d’artifice de toute beauté.
Voici Sydney:
Les photos proviennent de The Big Picture, qui n’a pas son pareil pour compiler les plus belles photos autour d’un thème d’actualité donné.
Si vous aimez les feux d’artifice, offrez-vous donc un tour du monde de l’Australie à l’Autriche en passant entre autres par Singapour, New York, Edimbourg, Hong Kong, Paris ou Moscou. Vous trouverez toutes les photos ici.
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samedi 5 mars 2011
Une ROM Windows Phone 7 pour le HTC HD2
C’est l’équipe DFT (pour Dark Forces Team) qui a créé cette ROM. On commence à être habitué à ces chassés croisés entre smartphones et OS. On a ainsi vu, entre autres, Android 2.3 sur l’iPhone 3. Mais cette fois-ci, la prouesse dépasse le simple portage. En effet, toutes les fonctionnalités du smartphone sont activées (le Bluetooth, GPS, Wifi, le multitouch…).
Mais de surcro?t, ceux qui feront ce portage pourront également utiliser l’interface Zune (l’équivalent d’iTunes pour les smartphones WP7) et même le temps de démarrage du smartphone est correct avec 20 secondes. Il est même désormais possible d’accéder au Windows Live Services une fois le HD2 flashé.
Il s’agit donc d’un bon moyen de donner une seconde vie à votre HD2 et par la même occasion de tester WP7.
Rappelons que le HTC HD2 est un téléphone disposant d’un écran de 4.3″, de 512MB de RAM, d’un CPU Snapdragon cadencé à 1GHz, mais qui tourne malheureusement sous Windows Mobile 6.5.
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